À l’ouverture de la conférence de l’Alliance Politique Africaine à Lomé, le chef de l’État togolais a plaidé pour une réponse africaine structurée face aux répercussions de la crise au Moyen-Orient. Il appelle à accélérer la résilience énergétique, alimentaire et sécuritaire du continent.
"La crise au Moyen-Orient ne peut pas être regardée par l’Afrique comme une crise lointaine". C’est en ces termes que le Président de la République a ouvert ce vendredi à Lomé la conférence de l’Alliance Politique Africaine, en présence de son homologue sierra-léonais Julius Maada Bio.
Un discours de remerciement et de cadrage
Dès l’entame, le Président togolais a salué la présence du président Julius Maada Bio, remerciant son "frère et ami" pour "son excellent discours" et "son action à la tête de notre organisation sous-régionale". Il a souligné que les propositions du président sierra-léonais "nourriront les débats" et "éclaireront les conclusions" de la réunion.
Il a ensuite rappelé l’ambition de l’APA, lancée à Lomé en mai 2023 : être "un espace souple de concertation entre États africains" pour "partager nos analyses, identifier nos convergences et mieux défendre les intérêts stratégiques du continent".
4 réflexions sur une crise aux impacts directs pour l’Afrique
Une crise qui concerne directement l’Afrique
Elle concerne nos économies. Elle concerne notre sécurité. Elle concerne notre souveraineté." Le président a insisté sur les canaux de transmission : prix de l’énergie, chaînes d’approvisionnement, effets sociaux et risques sécuritaires. Si certains pays producteurs peuvent bénéficier à court terme d’une hausse des prix, "l’incertitude, la volatilité des marchés, le renchérissement du fret" finissent par peser sur tout le continent. Pour les pays importateurs, l’impact est immédiat sur "les finances publiques, les balances extérieures et le pouvoir d’achat".
Accélérer la construction de la résilience
"La résilience ne doit plus être pensée comme une réponse ponctuelle à une crise ponctuelle. Elle doit devenir un objectif stratégique permanent." Cette résilience est à bâtir sur 3 piliers :
- *Énergétique* : diversifier les sources, développer les interconnexions, améliorer l’efficacité des réseaux.
- *Alimentaire* : "L’Afrique doit produire davantage, transformer davantage, sécuriser ses intrants".
- *Logistique et macroéconomique* : sécuriser les corridors, moderniser les ports, préserver les marges budgétaires.
L’objectif "n’est pas l’autarcie" mais de "réduire les dépendances excessives".
Ne pas traiter la crise comme un épisode transitoir
"Il serait dangereux de penser que quelques signes d’apaisement suffiraient à refermer le sujet." La situation autour du détroit d’Ormuz "n’est pas réglée", et "les effets sur les prix, le fret, les engrais et l’alimentation pourraient durer". Gaza et le Liban restent préoccupants. Le président appelle à rappeler que "la voie politique doit primer sur l’escalade" et que "la protection des civils est une exigence fondamentale".
Pour une réponse africaine structurée
"La stabilité du Moyen-Orient est aussi un bien commun africain." Lomé veut contribuer à "une réponse africaine plus structurée", basée sur 4 principes : lucidité, résilience, souveraineté et responsabilité. "L’Afrique doit contribuer à la désescalade, au dialogue et à la paix."
Se parler davantage pour peser davantage
En conclusion, le chef de l’État a souhaité des "échanges francs, utiles et orientés vers l’action" afin de sortir de la conférence avec "une compréhension commune des risques, des priorités plus claires et une volonté renforcée de coordination".
"Car lorsque l’Afrique se parle et s’organise, elle peut peser davantage sur les affaires du monde", a-t-il conclu.
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